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Comprendre l'EMDR

Thérapie EMDR : pour qui, comment, quels bénéfices ?

Publié le 14 septembre 2026 · Antonella, praticienne EMDR

Vous avez peut-être entendu parler de l'EMDR par une amie, un article, ou votre médecin. Une thérapie qui « passe par les yeux », qui irait vite, qui servirait à traiter les traumatismes. Derrière ce sigle un peu obscur se cache une méthode structurée, encadrée, et aujourd'hui largement documentée.

Dans cet article, je vous propose de faire le tour de ce qui revient le plus souvent en consultation : ce qu'est réellement l'EMDR, comment se déroule une séance, à qui elle s'adresse, et ce qu'on peut raisonnablement en attendre.

Qu'est-ce que l'EMDR, concrètement ?

EMDR est l'acronyme de Eye Movement Desensitization and Reprocessing, que l'on traduit en français par désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires. La méthode a été mise au point à la fin des années 1980 par la psychologue américaine Francine Shapiro.

Le point de départ est simple. Face à un événement difficile, notre cerveau digère habituellement l'expérience : le souvenir se range, il perd de son intensité, il devient un souvenir parmi d'autres. Mais lorsque l'événement a été trop violent, trop soudain, ou qu'il est survenu à un moment de grande vulnérabilité, ce traitement ne se fait pas. Le souvenir reste figé, avec les images, les sensations physiques et les émotions du moment. C'est ce qui explique qu'un bruit, une odeur ou une remarque anodine puisse déclencher, des années plus tard, une réaction totalement disproportionnée. Le souvenir n'est pas dans le passé : il est encore actif.

Reflets dorés en mouvement sur une eau claire et lumineuse

L'EMDR vise à relancer ce travail de digestion. Pendant la séance, vous vous reconnectez brièvement au souvenir pendant que j'accompagne une stimulation bilatérale alternée — le plus souvent des mouvements oculaires, parfois des tapotements ou des sons alternés. Cette stimulation semble favoriser le retraitement de l'information : le souvenir se remet en mouvement, se relie à d'autres éléments de votre histoire, et perd progressivement sa charge émotionnelle.

Vous ne perdez jamais le contrôle. Vous restez éveillé, conscient, et vous pouvez interrompre à tout moment.

Dans quel cadre se déroule une thérapie EMDR ?

C'est le point le plus souvent mal compris : l'EMDR n'est pas une technique isolée qu'on appliquerait à la demande. C'est une psychothérapie complète, qui suit un protocole structuré en huit phases. En pratique, cela se traduit par trois grands temps.

Un temps de rencontre et de préparation. Nous prenons d'abord le temps de comprendre votre histoire, ce qui vous amène, et de repérer ensemble les souvenirs sur lesquels travailler. Cette phase permet aussi de vérifier que le moment est le bon et de vous donner des ressources pour traverser le travail : ancrage, apaisement, ce qu'on appelle parfois le « lieu sûr ». Sa durée n'est pas fixe : selon votre situation, le retraitement peut commencer dès la première séance, tandis que d'autres parcours demandent plusieurs rendez-vous de préparation avant d'aborder le souvenir lui-même. C'est l'évaluation initiale qui le détermine, pas une règle générale.

Un temps de retraitement. C'est la phase de stimulation à proprement parler. Nous partons d'une image précise, de la croyance négative qui y est associée (« je suis en danger », « je n'ai rien pu faire »), des émotions et des sensations corporelles présentes. Puis nous alternons des séries courtes de stimulation et des temps de pause où vous me dites simplement ce qui vient. On mesure régulièrement l'intensité de la perturbation sur une échelle de 0 à 10, ce qui permet de suivre l'évolution très concrètement.

Un temps de clôture et de vérification. Chaque séance se termine par un retour au calme. Et la séance suivante commence par une réévaluation de ce qui a été travaillé, pour vérifier que le résultat tient dans la durée.

Une séance d'EMDR dure généralement entre 60 et 90 minutes, soit un peu plus qu'une consultation classique. Le nombre de séances varie énormément selon les situations : un événement unique et récent peut se retraiter en quelques séances, là où un vécu répété sur plusieurs années demande un accompagnement plus long.

Pour qui ?

L'EMDR est d'abord connue pour le trouble de stress post-traumatique, et c'est là que son efficacité est la plus documentée. Elle est recommandée dans cette indication par l'Organisation mondiale de la santé (2013), la Haute Autorité de Santé (2007) et l'INSERM (2004 et 2015).

Mais son champ d'application est plus large que les traumatismes spectaculaires. On distingue souvent deux registres :

  • Les événements à forte intensité, identifiables : accident de la route, agression, catastrophe, décès brutal, intervention médicale vécue comme violente, accouchement traumatique.
  • Les blessures plus diffuses, répétées, souvent minimisées : humiliations répétées dans l'enfance, harcèlement scolaire, climat familial insécurisant, séparation conflictuelle, exposition prolongée aux conflits ou à la violence entre les parents. Ces vécus-là laissent rarement un souvenir unique, mais ils façonnent des croyances durables sur soi.

Concrètement, l'EMDR est souvent indiquée en cas d'anxiété persistante, de phobies, de crises d'angoisse, de troubles du sommeil et cauchemars répétitifs, de deuil qui ne se dénoue pas, de réactions émotionnelles disproportionnées, ou de perte de confiance en soi qui résiste aux explications rationnelles.

Elle s'adresse aussi aux enfants et aux adolescents, dans le cadre d'un protocole adapté, qui passe davantage par le dessin, le jeu et le corps que par la parole, et avec l'implication des parents. Les enfants y sont souvent très réceptifs.

Horizon marin calme sous une lumière dorée

Un mot sur la périnatalité, parce que c'est un sujet encore trop peu abordé : un accouchement vécu comme violent, une réanimation du bébé, une fausse couche, un parcours de PMA éprouvant ou un deuil périnatal laissent des traces réelles. Le « tout va bien, le bébé est là » ne suffit pas toujours à refermer ce qui s'est ouvert. L'EMDR a toute sa place dans ces situations.

Et quand l'EMDR n'est pas indiquée

Par honnêteté, il faut le dire : l'EMDR ne convient pas à toutes les situations, ni à tous les moments. Certaines périodes de grande instabilité, certains troubles dissociatifs sévères, ou une crise aiguë en cours demandent d'abord un travail de stabilisation, parfois en lien avec un médecin ou un psychiatre. Une évaluation préalable sérieuse fait partie du cadre : c'est précisément le rôle des premières séances.

Quels bénéfices peut-on en attendre ?

Le premier bénéfice est le plus concret : le souvenir reste, mais il cesse de faire effraction. Vous n'oubliez rien. Vous pouvez y repenser sans que votre corps réagisse comme si c'était en train de se reproduire. Beaucoup de personnes décrivent la même chose : « c'est comme si ça s'était enfin éloigné ».

Viennent ensuite :

  • Une baisse des symptômes d'hypervigilance : sursauts, tension permanente, difficultés d'endormissement, cauchemars.
  • Une diminution de l'évitement, et donc un champ d'action qui se rouvre ; reprendre le volant, retourner dans un lieu, en reparler.
  • Un changement de croyance sur soi. C'est souvent l'effet le plus durable : passer d'un « c'est de ma faute » à un « j'ai fait ce que j'ai pu » n'est pas une pensée qu'on se force à avoir, c'est un déplacement qui s'installe.
  • Un travail qui passe par le corps autant que par la parole, ce qui est précieux pour les personnes qui comprennent parfaitement leur histoire mais ne parviennent pas à ce que ça change quelque chose.
  • Une durée souvent plus resserrée qu'une thérapie exclusivement verbale, sans que cela soit une promesse : le rythme dépend de chacun.

En pratique, au Cabinet des Liens

Je reçois en EMDR à Marseille, dans le 9e arrondissement. Le premier rendez-vous est avant tout un temps d'échange : comprendre votre demande, et vérifier ensemble que l'EMDR est la bonne porte d'entrée. Si elle ne l'est pas, je vous le dirai, et nous chercherons ce qui l'est. Selon votre situation, le travail de retraitement peut débuter dès ce premier rendez-vous, ou après un temps de préparation.

Pour découvrir cet accompagnement, consultez la page consacrée à la thérapie EMDR à Marseille.

Les tarifs détaillés des séances, au cabinet et en visioconsultation, sont présentés dans la rubrique Tarifs.

Vous pouvez me contacter par téléphone ou par mail pour en parler avant de prendre rendez-vous. Une question posée ne vous engage à rien.

Certaines traversées se vivent mieux accompagnées.

Questions fréquentes sur l'EMDR

Combien de séances faut-il ?

Il n'y a pas de réponse unique. Un événement unique et récent peut demander quelques séances. Un vécu ancien et répété demandera un accompagnement plus long. Nous faisons le point régulièrement.

Est-ce que je vais devoir tout raconter en détail ?

Non. L'EMDR ne nécessite pas un récit exhaustif de l'événement. C'est une différence importante avec d'autres approches, et c'est souvent un soulagement.

Est-ce que c'est de l'hypnose ?

Non. Vous restez pleinement éveillé et conscient pendant toute la séance. Il n'y a ni suggestion, ni état modifié de conscience induit.

Est-ce douloureux ?

Des émotions fortes peuvent remonter pendant le retraitement : c'est attendu, et c'est justement ce qui se dénoue. Le protocole prévoit des temps de pause et une clôture apaisante à chaque séance. Vous gardez la main à tout moment.

Les séances sont-elles remboursées ?

Elles ne sont pas prises en charge par l'Assurance Maladie. Certaines mutuelles proposent un forfait annuel pour les accompagnements psychologiques : il est utile de vérifier votre contrat, je peux vous fournir une facture.

L'EMDR peut-elle être proposée à un enfant ?

Oui. Elle se pratique avec les enfants dans le cadre d'un protocole adapté, et avec l'implication des parents.

Prendre rendez-vous

Le premier rendez-vous est un temps d'échange, sans engagement. Il permet de poser votre situation et de vérifier ensemble que l'EMDR est la bonne porte d'entrée.

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